Les dernières nouvelles ...
Accueil / Divers / La VHF : un moyen de lutte efficace contre les périls en mer

La VHF : un moyen de lutte efficace contre les périls en mer

Sécurité. En cas d’avarie grave sur un bateau de plaisance et au beau milieu de nulle part, avoir les bons réflexes est souvent une question de survie. Appeler les secours en est une autre

VHF ou téléphone portable ?

« Sans sourciller, j’ai attrapé ma VHF portable. Mais dans l’instant qui a suivi, j’avoue avoir hésité avant de parler dans le micro. Il y a une procédure à suivre et pour ma part, c’était une première. » Ainsi, son message d’alerte, il le lance en ces termes : « Sécurité – sécurité – sécurité – appel à tous – ici Tart’ô Pomme* – avarie moteur – à l’ancre en face de l’estacade de Sainte-Adresse – cinq personnes et un chien à bord – demande assistance ». Dans les 5 secondes qui suivent le haut-parleur de sa VHF grésille :« Ici le CROSS – passez sur le canal 6 ». Ouf, sauvés ! « C’est rapide, me glisse alors une de mes passagères, visiblement rassurée. » Dans un sursaut d’orgueil, notre plaisancier redonne un coup de clé au tableau de bord… et là, miracle : le moteur vrombit de nouveau ! « Je me suis empressé de reprendre ma VHF :“Ici Tart’ô Pomme – moteur reparti – fin du message d’alerte – merci” ».

Une histoire qui finit bien mais qui soulève une question : la procédure à suivre pour lancer une alerte sur une VHF est-elle d’une nécessité absolue ?

« L’important est de se signaler sur le canal 16, réagit Bertrand Caillet, patron du « Président Pierre Huby » de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) du Havre. Ce plaisancier a parfaitement fait ce qu’il fallait : il a donné les éléments essentiels pour organiser les secours : nom du navire, localisation, nombre de personnes à bord, état du bateau… » Cependant, il observe qu’un nombre important de plaisanciers délaisse encore la VHF se contentant d’un simple téléphone portable à bord (lire ci-contre).« Nous, sauveteurs en mer, préférons de loin la VHF, pour plusieurs raisons. D’abord, elle est conçue pour ça. Ensuite, on peut “tracer” son signal depuis la terre lorsqu’elle émet et ainsi aller directement sur la zone de recherche quand on n’a pas les coordonnées GPS, ce qui est vital en cas de brouillard ou la nuit. Ses batteries durent plus longtemps qu’un téléphone. Lancer un appel sur le 16 d’une VHF, qui est le canal de veille, permet d’être entendu par tous, ce qui n’est pas le cas du téléphone portable. Enfin, en mer, même près des côtes, il est possible que la réception du téléphone ne passe pas. »

Et de glisser une anecdote sur des plaisanciers anglais, en panne près de nos côtes, qui ont téléphoné en Angleterre afin que leurs proches appellent les secours français. « On a perdu une heure et demie avant de pouvoir intervenir », grince-t-il. De précieuses minutes souvent déterminantes pour éventuellement sauver des vies…

Lancer un appel de détresse en mer, nul n’a envie de le faire un jour. C’est pourtant ce qui est arrivé à ce plaisancier havrais par ce beau dimanche d’août, après avoir été dans l’impossibilité de faire repartir son moteur. « La météo était au beau fixe. Une mer calme et pas mal de monde sur l’eau dans la baie duHavre », précise-t-il. En fin d’après-midi vient le moment de se remettre en route et de faire cap vers le port du Havre. Et là… l’angoisse. Le moteur fait la sourde oreille aux sollicitations du démarreur. Jusqu’à ce que la batterie livre son dernier souffle. Il faut se rendre à l’évidence : c’est la panne sèche. « Il était 19h 30 et il n’y avait plus que nous sur l’eau. Peut-être un petit bateau de plaisance mais à très grande distance de nous, difficile de communiquer avec lui. » Les expressions sur les visages se figent…

* Le nom du navire a été changé

VHF OU TÉLÉPHONE
– 50 % des appels de détresse sont passés sur une VHF fixe ou mobile.
– 30 % passés depuis un téléphone portable.
– 10 % relayés par d’autres navires.
– 5 % proviennent de l’inquiétude des familles.
– 3% par moyen pyrotechnique.
– Depuis mars 2011, seule une licence obligatoire et gratuite auprès de l’Agence nationale des fréquences radio est exigée pour détenir une VHF fixe ou portable à bord.
– Avec un téléphone portable, il faut désormais composer le 196 pour obtenir le CROSS.

 

%d blogueurs aiment cette page :